Forum Energie -Climat – Chambres d’Agriculture du Grand Ouest

5ème Forum Grand Ouest Énergie-Climat 1 et 2 février 2018 à Acigné (35) en Bretagne, organisé par les Chambres d’agriculture de Bretagne, Pays de Loire et Normandie

Thème du forum : valoriser les dynamiques territoriales au service de la transition énergétique et climatique.

Ci-dessous une contribution d’Arthur Riedacker à cet événement

L’agriculture de l’Ouest de la France face aux enjeux climatiques mondiaux

Arthur Riedacker
Co-prix nobel 2007 au titre du GIEC

Ce 5ème Forum montre que la chambre d’agriculture de Bretagne continue à prendre très au sérieux cette question. Dès 2009 elle s’est lancée dans la démarche Climagri de l’Ademe (élaboré par Solagro en 2009 sur la base de nos travaux de 2006 et du GIEC), pour évaluer les émissions de GES et les consommations énergétiques en agriculture au niveau territorial. Dans la foulée elle organisa le premier Forum à Pontivy en 2009, où nous avons présenté cette problématique.

Sous le Protocole de Kyoto les pays industrialisés devaient montrer la voie et réduire leurs émissions de seulement 5% entre 1990 et 2012. Avec l’Accord de Paris de 2015 les émissions nettes devront converger vers 2 t de CO2e par habitant ! Pour un Français cela suppose de les diviser par 4. S’appuyer sur les seuls progrès réalisables dans le secteur des énergies fossiles ne suffira pas : car il faudra laisser au moins les 2/3 des ressources fossiles connues sous terre d’ici 2050, tout en satisfaisant les besoins énergétiques d’une population mondiale croissante. Il est donc urgent de bien identifier, dans tous les pays, les actions de l’agriculture pour atteindre ces objectifs.

Dans le Grand Ouest il faudra continuer à réduire les empreintes territoriales des cultures alimentaires pour produire aussi des biomasses pour des biomatériaux, des biocarburants, des biomolécules, etc., donc produire autant ou encore un plus par hectare. Les cultures étant des bio-convertisseurs d’énergie solaire et de CO2, il ne faut pas, contrairement à ce qui est parfois suggéré, taxer les intrants pour lutter contre le changement climatique. Au contraire, il faut les subventionner raisonnablement sans nuire à l’environnement local.  Il faudra aussi diminuer l’empreinte territoriale des aliments du bétail produits localement ou importés, optimiser l’alimentation des ruminants et valoriser les déjections, pour produire des bioénergies, réduire les besoins en engrais de synthèse et in fine préserver la fertilité des sols. Les techniques, certes encore perfectibles sont désormais disponibles. La Bretagne semble avoir pris conscience de tous ces enjeux et défis.

7ème Séminaire International de l’IFSADAA

Subventionnons les engrais pour les productions alimentaires nationales dans les pays de l’Afrique subsaharienne et les pays les moins développés pour stabiliser le climat et éradiquer la faim.

Arthur Riedacker
Président de l’Institut Oikos, Directeur de recherche honoraire de l’INRA
IPCC Co-Nobel prize winner

Cet article présente des résumés pour décideurs (RPD), en français et en anglais, illustrés par 5 figures et des légendes bilingues (insérées entre les deux résumés), qui ne sont pas répétées dans le texte principal uniquement en anglais. Une brève bibliographie se trouve également à la fin des RPD.

Télécharger le résume : 7thIFSADAA_resume_vf,
Download the summary :7thIFSADAA_summary_ev)

Télécharger l’article complet (version française – english version) : Riedacker_7thIFSDAA-Seminar

Nous remercions la Fondation Farm, d’avoir publié ce résumé pour décideurs dans leur site web

 

Résumé pour décideurs

D’ici 2050 il faudra, sans défricher et tout en préservant les sols, augmenter fortement les productions alimentaires et non alimentaires afin de satisfaire les besoins mondiaux d’environ 9,5 milliards d’habitants, (deux fois plus qu’à la fin des années 1980). En 2015, avec les objectifs des Nations Unies pour 2030 pour le développement durable et l’Accord de Paris, les pays se sont engagés à éradiquer la faim d’ici 2030 et à stabiliser le climat d’ici 2050 à + 2°C, (+1,5°C) par rapport à 1850. D’après les modèles climatiques cela suppose de diviser les émissions mondiales nettes de GES (gaz à effet de serre) au moins par 4, puis de les faire tendre vers zéro après 2050. Il faudra donc réduire les émissions mondiales beaucoup plus rapidement et plus fortement que prévu avant le 3ème rapport du GIEC de 2001. Il faudra aussi s’adapter à ces changements, tout en satisfaisant les besoins alimentaires de tous. Voilà des défis impossibles à relever avec les croissances démographiques mondiales et les politiques nationales actuelles.

S’appuyer sur les seuls progrès réalisables dans le secteur des énergies fossiles ne suffira pas. Car il faudrait laisser au moins les 2/3 des ressources fossiles connues sous terre d’ici 2050, tout en satisfaisant les besoins énergétiques d’une population croissante : ce qui supposerait d’augmenter très fortement les efficacités énergétiques, de développer très rapidement les énergies renouvelables (y compris les bioénergies modernes, et les bioproduits), et aussi de recourir à la capture et au stockage géologique du CO2 des énergies fossiles qui continueront à être utilisées. Cette dernière technique est connue et depuis 1992, mais elle est toujours expérimentale et réalisable seulement avec des coûts se situant entre $50 et $100 par tonne de CO2 éliminée.

Pour produire suffisamment d’aliments il faudra aussi augmenter considérablement les rendements Des cultures vivrières en Afrique subsaharienne, où ils stagnent depuis les années 1960 (Fig. 1) alors que la population devrait y doubler d’ici 2050. Fort heureusement ces rendements peuvent y être encore facilement augmentés en accroissant les intrants (engrais, eau, semences et matières organiques si disponibles et transportables). En portant le niveau moyen des apports annuels d’engrais par hectare, actuellement seulement d’une dizaine de kg (fig.2), à 50 kg, comme le recommande le Nepad depuis 2006 (IFDC 2006), on pourrait y doubler les productions sans avoir besoin de défricher, tout en remplaçant les matières minérales des sols qui sont exportées des champs lors des récoltes. Sans ce changement les sols, déjà très pauvres en phosphore, continueront à s’y dégrader. Avec 50 kg on serait encore (à moins de la moitié des apports moyens mondiaux, à moins du tiers ou du quart de ceux des pays développés, de l’Inde et du Bangladesh, et à six fois moins qu’en Chine. Si, notamment en Chine (Norse et al.2012) et d’autre pays à hauts niveaux d’intrants des efforts doivent être réalisés, pour utiliser, comme le recommande la FAO, moins d’engrais tout en maintenant le niveau actuel des rendements par ha, en Afrique Sub-Saharienne il faut au contraire en apporter nettement plus qu’aujourd’hui. Cela est malheureusement très généralement méconnu. Dans les zones semi-arides il faut en outre apporter plus d’eau pour des irrigations complémentaires (Diarra et Riedacker 2017).

Sans l’adoption de ces mesures le doublement nécessaire de la production alimentaire (atteignable soit en doublant les rendements, soit en doublant les surfaces cultivées, Fig.3), ne sera obtenu qu’en continuant, comme entre 1975 et 2000, à défricher chaque année environ 5 millions d’hectares (1/2 de forêts et 1/2 de prairies), (Eva et al. 2006). Or ces défrichements moyens augmentent environ 100 fois plus les émissions de GES par ha que les apports d’engrais permettant d’y doubler les rendements (environ + 2 t de CO2e par ha et par an, fig.4).  Pour prendre les bonnes décisions il faut passer de la parcelle au paysage puis au niveau mondial (Fig. 5) (Riedacker 2006, 2008a et 2008b). Une augmentation des demandes alimentaires mondiales se traduit en effet nécessairement par des augmentations de rendements et/ou des changements d’utilisation des terres, en un ou plusieurs endroits du globe. C’est un aspect nouveau qu’on oublie trop souvent dans les raisonnements habituels où l’on ne considère trop souvent que les changements nationaux (cf. fig.3 et 5).

En France le quadruplement des rendements moyens en blé entre 1950 et 2000 a ainsi permis[par rapport à un scénario où la production totale aurait-été la même qu’en 2000, mais où les rendements seraient restés au niveau de 1950] d’éviter de défricher 14,5 millions d’hectares de forêts, d’éviter l’émission de 4,5 milliards de tonnes de CO2 et de préserver l’accroissement annuel des forêts (110 millions de m3 en 2016, correspondant à un prélèvement annuel net d’environ 200 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère). Une partie de cet accroissement est récoltée annuellement sous forme de bois d’œuvre (19 millions de m3), de bois d’industrie (10 millions de m3) et  de bois énergie (au moins 8 millions de m3), CTBA (2017), ce qui en fin de compte, avec les déchets, le bois récoltés hors forêts et les bois de rebuts, a permis d‘obtenir de l’ordre de 9 millions de tep (tonnes d’équivalent pétrole) d’énergie primaire renouvelable  et  d’éviter  l’émission d’environ 29 millions de tCO2e (en admettant un rendement moyen de conversion du bois et de la paille en chaleur égal à la moitié de celui du fioul). Les apports d’engrais ont, eux, augmenté les émissions annuelles de 9 millions de tCO2e par rapport à 1950, d’où une réduction nette des émissions d’au moins 20 millions de tCO2e par an.

Par ailleurs, pour produire autant de blé en France qu’en 2000, avec moins d’intrants, par exemple avec l’agriculture biologique (produisant avec des apports d’intrants organiques actuellement, en moyenne, seulement 3,5 t de grain par ha, moitié moins qu’avec l’agriculture raisonnée, Toquet et al. (2012), il faudrait doubler les surfaces emblavées, donc défricher environ 5 millions d’hectares de forêts ou de prairies, en France ou ailleurs. Ce serait évidemment peu vertueux, tant pour l’environnement que pour la balance commerciale. Etant donné les bas niveaux d’intrants de l’Afrique Subsaharienne les résultats seraient pires encore.

Ces constats ont une évidente conséquence : il faut prioritairement augmenter le niveau des intrants en Afrique subsaharienne et dans les pays les moins avancés. Comment ? Tout d’abord en mettant en œuvre des politiques agricoles adéquates (Boussard 2004). Dans les faits tous les grands ensembles mondiaux subventionnent fortement leurs productions végétales, sous diverses formes : directement les engrais en Inde et en Chine, par des aides à l’hectare en Europe (en moyenne 271 € par ha, de 60 € à 600 €) etc. Quand la population augmente (et on ne peut évidemment pas la faire diminuer rapidement !) et quand il faut restreindre le recours aux énergies fossiles, il devient impératif d’augmenter les rendements des champs. Contrairement aux énergies fossiles, pour lesquelles l’OCDE recommande avec raison la suppression des subventions, quand il s’agit des énergies renouvelables, et en particulier des productions végétales, il faut au contraire apporter des soutiens pour augmenter les rendements des bioconversions de l’énergie solaire et du CO2 par les plantes Il faudrait donc subventionner suffisamment les intrants, afin d’augmenter et d’optimiser les productions végétales, partout dans le monde, sans avoir besoin de défricher. Il est impératif que cette différence de traitement soit réellement comprise et prise en compte par les spécialistes des énergies fossiles. Si avec raison on envisage de taxer les énergies fossiles, il faut au contraire subventionner les intrants agricoles, y compris ceux consommant des énergies fossiles et émettant des gaz à effet de serres, comme les engrais azotés, tant que cela est admissible pour l’environnement local.

Dans les pays peu développés il importe de prendre en compte que les intrants (engrais, eau etc.) non subventionnés sont trop coûteux pour les petits agriculteurs. Et jusqu’ici seulement 8 pays africains ont, comme le Bangladesh, nettement augmenté leurs subventions pour les productions vivrières. Les engagements pris par les chefs d’états Africains, à Maputo en 2003, visant à consacrer 10% de leur budget à l’agriculture n’ont pu être tenu (Wade et Niang 2014). Cela pesait trop lourdement sur leurs budgets. Jadis, dans certains pays africains, l’organisation des filières de production de coton permettait de fournir des engrais aux petits agriculteur, même dans les endroits reculés, en échange d’une partie du coton. Ils épandaient alors une partie des engrais sur les champs de coton et une autre partie sur leurs cultures vivrières. Mais les subventions aux producteurs américaines de coton et les mauvaises gestions dans certains pays ont mis à mal certaines de ces filières (Nubukpo 2011).

La communauté internationale aurait donc intérêt à aider à co-subventionner les intrants pour les agriculteurs africains et ceux des pays les moins avancés, non seulement par charité et pour y accroitre la sécurité alimentaire, mais aussi pour le bien commun. Contrairement à ce que pensent certains décideurs, donateurs et ONG, cela aurait un effet bénéfique pour le climat et la sécurité alimentaire, tout en étant l’une des actions les moins coûteuses.

Evolution des rendements des céréales
Figure 1. Évolution des rendements moyens par ha des céréales dans les différentes régions du monde, entre 1960 et 2005. (World Bank data 2017)
Figure 2. Consommations annuelles d’engrais, en kg par ha de terres arables, en 2013, dans quelques pays (World Bank data 2016)
Figure 2. Consommations annuelles d’engrais, en kg par ha de terres arables, en 2013, dans quelques pays (World Bank data 2016)
Pour doubler la production on peut, soit doubler la surface cultivée sans augmenter les rendements par hectare (scénario de transition de i vers j), soit doubler les rendements sans augmenter les surfaces cultivées (i vers k). Dans ces changements il faut prendre en compte tout à la fois (1) les émissions de GES résultant des réductions des stock de carbone résultant des changements d’utilisations des terres (du défrichement des forêts comme sur cette figure, ou de la mise en culture des prairies), (2) la diminution des produits auparavant récoltables sur la surface défriché (bois ou fourrage)e et qui pouvaient remplacer des énergies fossiles et (3) les émissions de GES sur les surface cultivées (Riedacker 2008 a et b) A titre d’exemple : en Allemagne sans fertilisation azotée (la plus énergivore des cultures et la plus émettrice de GES) il est possible d’obtenir 9.4 t de biomasse (grain et paille) par ha, alors qu’avec 170 kg d’azote on peut obtenir 16.4 t de biomasse (+ 7 t de biomasse). (from Küster & Lammers 1999). Avec une émission de 11,7 t CO2e par tonne d’azote apportée sous forme d’urée) l’émission moyenne par ha (pour la production, le transport et le protoxyde d’azote au champ) augmente d’environ 2 tCO2e per ha. Cette émission annuelle supplémentaire peut être compensée en convertissant efficacement moins d’une tonne de biomasse en chaleur pour remplacer du pétrole. Il reste alors, à émissions totales de GES identiques, un surplus de 6 t de biomasse par an grâce à la fertilisation azotée Cette biomasse additionnelle peut aussi servir de fourrage. Pour produire la même quantité de biomasse sans apports d’azote, il faut 1,75 ha (+0,75 ha). Ce changement d’utilisation des terres générerait un supplément 234 t de CO2 en cas de déforestation et de 69 t de CO2 en cas de mise en culture de prairies
Figure 3. Pour doubler la production on peut, soit doubler la surface cultivée sans augmenter les rendements par hectare (scénario de transition de i vers j), soit doubler les rendements sans augmenter les surfaces cultivées (i vers k). Dans ces changements il faut prendre en compte tout à la fois (1) les émissions de GES résultant des réductions des stock de carbone résultant des changements d’utilisations des terres (du défrichement des forêts comme sur cette figure, ou de la mise en culture des prairies), (2) la diminution des produits auparavant récoltables sur la surface défriché (bois ou fourrage)e et qui pouvaient remplacer des énergies fossiles et (3) les émissions de GES sur les surface cultivées (Riedacker 2008 a et b) A titre d’exemple : en Allemagne sans fertilisation azotée (la plus énergivore des cultures et la plus émettrice de GES) il est possible d’obtenir 9.4 t de biomasse (grain et paille) par ha, alors qu’avec 170 kg d’azote on peut obtenir 16.4 t de biomasse (+ 7 t de biomasse). (from Küster & Lammers 1999).
Avec une émission de 11,7 t CO2e par tonne d’azote apportée sous forme d’urée) l’émission moyenne par ha (pour la production, le transport et le protoxyde d’azote au champ) augmente d’environ 2 tCO2e per ha. Cette émission annuelle supplémentaire peut être compensée en convertissant efficacement moins d’une tonne de biomasse en chaleur pour remplacer du pétrole. Il reste alors, à émissions totales de GES identiques, un surplus de 6 t de biomasse par an grâce à la fertilisation azotée Cette biomasse additionnelle peut aussi servir de fourrage.
Pour produire la même quantité de biomasse sans apports d’azote, il faut 1,75 ha (+0,75 ha). Ce changement d’utilisation des terres générerait un supplément 234 t de CO2 en cas de déforestation et de 69 t de CO2 en cas de mise en culture de prairies
Stocks moyens de carbone par hectare dans les biomasses et dans la matière organique des sols, des forêts, des prairies et des cultures en France (Riedacker 2008 a). Les apports d’engrais de champs de blé bien fertilisés généraient environ 2,7 t de CO2e par ha (petite bulle à droite) en 2000 contre 0,7 tCO2e en 1950, mais pour des rendements alors quatre fois moindre qu’en 2000. Un défrichement moyen, (½ de prairie et ½ de forêt) émet environ 200 t de CO2, cent fois plus que l’augmentation de l’apport apport annuel d’engrais pour doubler les rendements. Mais comme les émissions des apports d'engrais ne se produisent qu’année après année, alors que celles des défrichements ont lieu dès la première année, il est plus avantageux pour le climat d’apporter des engrais au moins pendant deux siècles. Cela permet en outre de préserver la production de bois/fourrage et les services environnementaux des surfaces non défrichées (cf. Fig.3).
Figure 4. Stocks moyens de carbone par hectare dans les biomasses et dans la matière organique des sols, des forêts, des prairies et des cultures en France (Riedacker 2008 a). Les apports d’engrais de champs de blé bien fertilisés généraient environ 2,7 t de CO2e par ha (petite bulle à droite) en 2000 contre 0,7 tCO2e en 1950, mais pour des rendements alors quatre fois moindre qu’en 2000. Un défrichement moyen, (½ de prairie et ½ de forêt) émet environ 200 t de CO2, cent fois plus que l’augmentation de l’apport apport annuel d’engrais pour doubler les rendements. Mais comme les émissions des apports d’engrais ne se produisent qu’année après année, alors que celles des défrichements ont lieu dès la première année, il est plus avantageux pour le climat d’apporter des engrais au moins pendant deux siècles. Cela permet en outre de préserver la production de bois/fourrage et les services environnementaux des surfaces non défrichées (cf. Fig.3).

 

 

 

Figure 5. Effet d’une production additionnelle de biomasse ou de grain dans le monde. Quand la production mondiale de biomasse doit augmenter pour produire plus de nourriture ou remplacer des énergies fossiles, on peut augmenter la production en un seul endroits, en A, ou en plusieurs endroits (A, A’ et/ou B, et /ou en C, et /ou en D). Pour limiter autant que possible l‘augmentation mondiale de émissions brutes de GES des cultures il faut éviter de défricher. C’est pourquoi il est préférable d’augmenter les rendements jusqu’à un certain point - et plus généralement l’efficacité territoriale (production annuelle totale par ha, en tenant compte également des superficies en jachères et des cultures multiples et/ou des intercultures) - là où ils sont les plus faciles à augmenter avec le moins d’intrants supplémentaires, donc en général dans les pays où les rendements et les intrants par hectare sont encore faibles. Pour l’atténuation du changement climatique il faut évaluer les changements au niveau mondial et non pas seulement au niveau du champ ou au niveau national.
Figure 5. Effet d’une production additionnelle de biomasse ou de grain dans le monde. Quand la production mondiale de biomasse doit augmenter pour produire plus de nourriture ou remplacer des énergies fossiles, on peut augmenter la production en un seul endroits, en A, ou en plusieurs endroits (A, A’ et/ou B, et /ou en C, et /ou en D). Pour limiter autant que possible l‘augmentation mondiale de émissions brutes de GES des cultures il faut éviter de défricher. C’est pourquoi il est préférable d’augmenter les rendements jusqu’à un certain point – et plus généralement l’efficacité territoriale (production annuelle totale par ha, en tenant compte également des superficies en jachères et des cultures multiples et/ou des intercultures) – là où ils sont les plus faciles à augmenter avec le moins d’intrants supplémentaires, donc en général dans les pays où les rendements et les intrants par hectare sont encore faibles. Pour l’atténuation du changement climatique il faut évaluer les changements au niveau mondial et non pas seulement au niveau du champ ou au niveau national.

Bibliographie

  • Boussard J.M. (2004) Faut-il des politiques agricoles au Sud ? Revue « Pour », N°184, Agriculture du Sud, le poids du Nord, 70-75
  • Diarra A., A. Riedacker (2017) : Synergies entre récupération des eaux de ruissellement et fertilisations minérales dans les pays sahéliens, pour accroître la sécurité alimentaire, faire face à la croissance démographique, s’adapter aux changements climatiques et limiter les émissions de GES. (Synergies between run off water harvesting and mineral fertilization in Sahelian countries, to improve Food Security, cope with Population Growth, adapt to Climate Change and limit GHG emissions) présenté à la Cop 22 à Marrakech, November 2016, JWES (Journal of Water and Environmental Sciences) http://revues.imist.ma/?journal=jwes)
  • Eva H.D., A. Brink et D. Simonetti (2006): Monitoring Land Cover Dynamics in Sub Saharan Africa European communities 44 pp, Centre commun de recherche de l’Europe, JRC Ispra ,  http://europa.int
  • FAO (2016) Nourrir l’Humanité sans détruire de nouvelles forêts, Selon la FAO il est possible de produire davantage de denrées sans conquérir de nouvelles terres, en augmentant les rendements agricoles, Journal « Le Monde », article de Laetitia Van Eekhout, 21-06 -2016
  • FCBA (2017) Mémento de la forêt française, 60 pages, www.fcba.fr
  • IFDC (2006) International Conference of the International Fertilizer Development Centre, Abuja, 9-16 June 2006 Abuja declaration, (Déclaration d’Abuja), (www.ifdc.org).
  • IPCC (2006). Revised Guidelines for GHG inventories (www.ippc.int )
  • Nubukpo K. (2011), L’improvisation économique en Afrique de l’Ouest – Du coton au franc CFA, Ed. Karthala. Paris.
  • Norse D., D. Powlson and Y. Lu (2012) Integrated nutrient management as a key contributor to Chinas low carbon agriculture, chapter 29, Climate Change Mitigation and Agriculture, Edited by E. Wollenberg, A. Nihart, M-L Tapio-Biströmand M. Grieg-Gran, Ed. Earthscan, London, 347-359.
  • Riedacker A. (2005) Les biomasses dans le contexte du changement climatique et du développement durable, chap. 1, 7-60 dans « Guide Biomasse énergie », édité par Yves Schenckel, Boufeldjah Benabdallah, Arthur Riedacker et Philippe Girard, Collection Points de Repères, Publication de l’IEPF, 388 pages
  • Riedacker A. (2006) A global land use and biomass approach to reduce greenhouse gas emissions, fossil fuel use and to preserve biodiversity. Joint Workshop of the Ecological and Environment Economics – EEE Programme, The Abdu Salam International Centre or Theoretical Physics ITCP, UNESCO Man and Biosphere Programme – MAB, The International Institute for Applied Systems Analysis – IIASA ITCP, Trieste, Italy, 16-17 October 2006.
  • Riedacker A.  (2008 a) Reconsidering Approaches for Land Use to Mitigate Climate Change and to Promote Sustainable Development. Chap.17, “Climate Change and Global Warming” Ed.  Velma Grover 2008 Oxford IBH Ltd -Science Publisher USA  387-424 (cf. www.institut-oikos.org)
  • Riedacker A.(2008b) Un peu plus d’énergie fossile pour la sécurité alimentaire, le climat et la biodiversité, Liaison Energie -Francophonie, N° 80   pp. 56-61, Les choix énergétiques mondiaux : entre confiance technologique et préoccupations environnementales, IEPF, Québec.
  • Riedacker A. (2016) Why, to both stabilize the climate by 2050 and to eradicate hunger by 2030, should fertilizer for cereal production be subsidized in Sub-Saharan and Least Developed Countries? 7th International Seminar IFSDAA Gottingen, November 27-29, 2016, 17 pages in print, and www.institut-oikos.org
  • Toqué C., V. Leveau, A. Lellahi, A. Tailleur (2012), Le blé tendre, une production durable, Colloque Service Agronomie-Economie -Environnement, Institut du Végétal Arvallis, Février 2012,14 pages
  • Wade I, A. Niang (2014) L’engagement de Maputo : le mot d’ordre a-t-il été respecté   Revue Passerelle, Vol 15, N°3, Juillet 2014  https://www.ictsd.org/bridges-news/passerelles/news/l%e2%80%99engagement-de-maputo-le-mot-d%e2%80%99ordre-a-t-il-%c3%a9t%c3%a9-respect%c3%a9

L’Institut Oikos à la COP21 – Paris 2015

Side Event de l’Institut OIKOS au Pavillon Africain lors de la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (COP21/CMP11) – Paris 7 Décembre 2015

AFRIQUE & AGRICULTURE
Augmenter l’efficacité territoriale pour la sécurité alimentaire et le climat
(Adaptation & Atténuation)
en collaboration avec CEFORID et SILVA

en mémoire de Clovis Derlyn

Orateurs
Arthur Riedacker Directeur de Recherche, ancien membre du GIEC
Jean-Marc Boussard Économiste, ancien Président de l’Académie française d’Agriculture
Joseph Racapé Témoin du changement depuis 1950 des fermes en Bretagne
Collaborateurs
Firmin Adjahossou CEFORID – Professeur de l’Université de Cotonou (Bénin)
Sédamie Adjahossou Université d’Abomey-Calavi (Bénin)
Amédee Tilahun Scientifique Senior CGIAR Adis-Abeba (Éthiopie)

Programme du side event

  • Agriculture  et Changement climatique.
    Augmenter l’efficacité territoriale en France et en Afrique (A.Riedacker)
  • Politiques agricoles et Mesures.
    En Europe – Propositions pour l’Afrique Subsaharienne  (JM. Boussard)
  • Evolution de l’agriculture en Bretagne depuis 1950
    Témoignage. Quelles leçons pour l’Afrique (J. Racapé)
  • Discussion

Pour télécharger la présentation cliquez ici
Pour plus d’informations sur cet éventement, veuillez contacter Arthur Riedacker : a.riedacker@institut-oikos.org

 

Afterres2050 : les déclinaisons régionales

Séminaire de restitution « Afterres2050 », 15 et 16 Octobre 2015, Nanterre
Un scénario soutenable pour l’agriculture et l’utilisation des terres en France à l’horizon 2050

Afterres2050 a été construit pour répondre aux défis majeurs
des décennies à venir qui motivent, de longue date, l’action de Solagro.

Enjeux de production et de consommation alimentaire,
enjeux liés aux crises climatiques et enjeux de préservation
de notre patrimoine naturel.

Pour plus d’informations (programme et inscription) veuillez consulter le site web de Solagro 

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A propos de la récente présentation de résultats de recherches concernant les OGM.


Contribution à la réflexion pour élargir le débat sur les OGM
par Arthur Riedacker [1]
24 Septembre, complétée le 8 Octobre 2012 (compléments en attente)

La présentation des expériences de l’équipe de M. Seralini a fait la une de la presse le jeudi 20 Septembre: C’est l’occasion de faire un point sur l’utilisation des produits phytosanitaire en agriculture et les OGM: de leurs  effets sur les rendements, sur la santé des hommes, sur l’économie et sur le rôle des organismes publics de recherches, donc sur les politiques à mener.

La tonalité des débats à propos de cette question n’est pas surprenante, puisqu’elle concerne la santé de chacun d’entre nous en tant que consommateurs, et bien évidement aussi les agriculteurs en tant que producteurs d’aliments et utilisateurs d’herbicides et de produits phytosanitaires.

Mais il faut aller plus  loin et clarifier un peu le débat sur le plan scientifique, sans oublier de prendre en compte les dimensions  historiques, économiques, politiques et géopolitiques.

Au cours de l’histoire les herbicides se sont révélés comme de précieux auxiliaires des agriculteurs. La destruction des plantes adventices concurrentes des céréales était devenue indispensable après l’abandon de l’agriculture itinérante sur abatis brulis des forêts. Ce dernier mode de culture, qui évitait d’avoir à désherber ; était encore pratiqué au début du XXème  en Finlande, dans les Ardennes et bien sûr sous les tropiques. Ceux qui ont encore enlevé manuellement les chardons des champs de blé en France au début des années 1950 se souviendront de la pénibilité de ce travail et de l’intérêt que présentait alors l’utilisation des herbicides. Désherber est essentiel pour obtenir de bons rendements. Ne dit-on pas par ailleurs qu’un binage vaut deux arrosages. Seuls ceux qui n’ont jamais manié une bêche l’ignorent ?

On découvrit alors que certains herbicides, comme l’atrazine utilisé dans les cultures de maïs,   étaient non seulement efficaces mais aussi toxiques et fortement rémanents. Ils descendaient lentement des couches superficielles des sols vers les nappes d’eau, et réapparaissaient quelques années plus tard dans l’eau. L’utilisation de l’atrazine finit donc heureusement par être interdite. D’autres produits remplacèrent ces premières molécules de synthèse.

Mais on connaissait, et on connait toujours très mal, les effets directs sur la santé et l’environnement  de ces produits, et encore plus mal  les effets indirects des produits issus de  la dégradation de ces molécules. Les recherches de ce type sont onéreuses, longues et également peu gratifiantes quand elles ne sont pas soutenues financièrement  et socialement[2].

En 1973 lors d’une réunion de l’IUFRO (Union  Internationale des  Instituts de Recherches Forestières) la Suède avait demandé que l’on étudie l’effet de l’utilisation des herbicides sur la santé des ouvriers forestiers qui en épandaient, et des colles  à bois sur la santé des ouvriers des industries du bois. La question était simplement et clairement posée. Comment fut-elle évacuée ? Le nouveau président américain de l’IUFRO[3] balaya alors cette proposition sous prétexte que cela  concernait tout l’environnement : l’expertise était par conséquent bien trop compliquée!

Faute de mieux il fallut attendre le Grenelle de l’environnement, en Septembre 2008, et le Plan Ecophyto 2018 recommandant la division par deux, d’ici 2018, des quantités de pesticides utilisées annuellement[4]! En 2009 la surface  agricole utile  (SAU) de la France  était de 27,5 millions d’hectares, et selon Eurostat le nombre moyen de doses homologuées utilisées par hectare (IFT[5]) était

  • de 3,8 pour les grandes cultures (sur 45% de la  SAU)
  • de 12,5 pour la vigne (sur 3% de la SAU)
  • de 17,3  pour les fruits, horticulture et autre  (sur 1,6% de la SAU)
  • de 0,4 pour les fourrages (sur 39% de la SAU)

Diviser l’emploi des pesticides par 2 d’ici 2018  est un objectif intéressant, donc à soutenir. Un millier de fermes écoles ont été  mises en place pour des formations d’agriculteurs. Les praticiens pensent cependant que cet objectif sera difficile d’atteindre sans pertes de productions. Ils craignent aussi que cela entraine des distorsions de concurrences si les pays voisins ne sont pas soumis aux mêmes normes! Il ne faut donc, sous aucun prétexte, diminuer les efforts, que ce soit au niveau de la recherche, de l’expérimentation ou de la formation.

Faut-il se tourner vers l’agriculture biologique ? Bien menée, sur des sols ni trop pauvres en éléments minéraux et en humus, et avec un bonne technicité, l’agriculture « bio » demanderait au moins 30% de superficie supplémentaire pour l’obtention de productions totales quantitativement  identiques. Pour les grandes cultures il faudrait donc au moins 3,7 millions d’hectares supplémentaires, environ 20%  de la SAU.

Cette superficie serait  à prendre sur des prairies ou des forêts[6]. En défrichant des forêts cela représenterait une perte potentielle annuelle de l’ordre de  0,5 milliards d’euros[7]. Et cela obligerait de recourir à plus d’énergie fossile ou nucléaire pour le chauffage dans l’habitat[8]. Par ailleurs la réduction des stocks de carbone en forêt  qui en résulterait engendrerait  une émission de 1,1 milliard de tonnes de gaz carbonique, l’équivalent de plus de deux années d’émissions de l’ensemble des gaz à effet de serre  de la France. Et si cette surface supplémentaire ne pouvait être obtenue par défrichement en France, il faudrait y diminuer la production de céréale d’environ 26 millions de tonnes ; cela représenterait environ 5,7 milliards €[9], soit près du dixième du déficit annuel de la balance commerciale de la France !

Il y a donc de bonnes raisons de préserver le niveau actuel de production[10], et même, si c’est possible, de l’augmenter à condition que ce soit de manière acceptable. Avec certains programmes d’amélioration du blé et d’orge rustique l’INRA a déjà réussi à sélectionner, sans recourir aux OGM, des variétés permettant d’obtenir des rendements identiques avec moins d’engrais et de traitements phytosanitaires. Cela permet déjà presque d’atteindre les objectifs fixées par le Grenelle de l’environnement pour 2018. Il faut donc explorer toutes les voies, alternatives comme celles utilisant des OGM, ou conventionnelles, paraissant prometteuses. Toutes les molécules des produits phytosanitaires n’ont pas les mêmes effets sur la santé. Il faudrait donc également mieux connaitre la gravité des perturbations endocriniennes occasionnées par les différentes molécules de synthèse, comme celles contenues dans les herbicides. Ces recherches, et la création des compétences nécessaires que cela requiert demandent du temps. Raison de plus pour s’y intéresser sans tarder.

Et les OGM dans tout cela ? 

C’est dans cette approche qu’il faut replacer le débat sur les OGM.  Si la culture de certaines plantes, par exemple de cacaoyer, pouvait permettre de prémunir les plantes contre certains parasites sans nécessiter de recourir  à des pesticides, tant mieux, a priori tout au moins pour les consommateurs de chocolat ! Cela permettrait de consommer moins de résidus de pesticides. On peut imaginer de créer  plusieurs sites de résistances sur les chromosomes pour éviter que les parasites dont il faut se protéger ne contournent la barrière ainsi crée.  Mais cela peut avoir d’autres conséquences. On s’est aperçu, par exemple en Chine et au Burkina Faso, que le coton OGM pouvait bien résister aux parasites. Cela permettait de réduire le nombre de traitements phytosanitaires. Mais l’absence de traitements a entraîné le développement d’autres parasites s’attaquant à d’autres plantes dans le voisinage. Décidément  les choses ne sont pas aussi simples qu’on pourrait le souhaiter.[11] Il faut donc créer des « zones refuges », avec du coton conventionnel, sur au moins 20% des superficies portant du coton.

Sur le plan politique on doit aussi ajouter quelques commentaires. Il faut tout d’abord rappeler que c’est sous la présidence de Bill Clinton qu’ont été développé aux Etats Unis les productions d’OGM via Monsanto. Et cela sans mise en place de contrôles scientifiques publiques suffisants. Ce qui a permis à cette multinationale étatsunienne d’acquérir une place dominante dans le monde.  De telles recherches devraient évidemment  être menées par des organismes publics[12]. A la différence des entreprises privées, celles-ci n’ont en principe pas d’objectifs immédiats de rentabilité susceptibles de justifier des mises prématurées sur le marché de graines OGM[13] ! Il n’y a aujourd’hui pas de menaces de famines dans les pays développés. Et dans les pays les moins avancés la sécurité alimentaire pourrait souvent être sérieusement  améliorée avec les techniques agronomiques  déjà connues.

Dans les années 1920 on n’avait pas encore redécouvert les lois de Mendel. Même les ouvrages français parlaient alors d’hérédité des caractères acquis, comme  tous les néo-lamarkiens de l’époque. Michurin[14] était aussi de cet avis. Cela n’a cependant pas pu être vérifié. Lysenko avait prétendu que cela marchait. Mais pour cela il a dû falsifier les résultats ! Les généticiens classiques de l’URSS,  qui étaient alors sans solution miracle pour résoudre le problème (bien réel sous Staline) de la faim,  furent de ce fait mis sur la touche. C’est ainsi que l’URSS a perdu 50 ans dans les recherches génétiques,  en particulier dans le domaine de l’amélioration végétale. (cf. à ce propos l’excellent livre, quoique déjà ancien, de Dominique Lecourt[15]).

N’y a-t-il pas des risques du même genre aujourd’hui en France. N’y a-t-on pas  diabolisé les recherches sur les OGM ? D’aucuns n’ont-ils pas arraché des plants de vignes à l’INRA de Colmar[16] et détruit des plants de coton Bt au Cirad de Montpellier ?  Comment la recherche peut-elle dans ces conditions se poursuivre ? Comment cela peut-il encourager des jeunes chercheurs à travailler dans ce domaine[17] ? Cela ne va-t-il pas plutôt les encourager  à s’expatrier pour conduire les recherches ailleurs, dans les organismes de recherches internationaux ou aux Etats-Unis ? A-t-on besoin de ces fuites de cerveaux ?
Il est non seulement  normal, mais encore tout à fait souhaitable que l’on communique les résultats obtenus. L’important est d’indiquer la méthodologie pour que cela puisse être reproduit. C’est la b, a,  ba de la science. Cette posture est bien  évidemment différente de la militance contre les biotechnologies[18]. Elle se distingue aussi des approches scientistes de certains pour qui les résultats des recherches ne peuvent plus être améliorés ni  précisés, et encore moins être remis en cause.

Qu’on se souvienne des travaux de Flemming sur l’effet antibiotique de la pénicilline. Comme cela allait à l’encontre des opinions dominantes de l’époque  ses publications ont d’abord été refusées. Heureusement qu’on n’est pas resté là…. Car on a pu vérifier la validité de ses conclusions.

Dans les années 1970 un  certain « professeur ( ?) » Kervran parlait de transmutation du calcium en potassium. Cela devait permettre de se dispenser d’apports de potassium au champ.  Ses conclusions étaient très connues  de tous les adeptes de l’agriculture biologique.  Quand on a voulu reproduire ses essais on n’a pas pu le faire…Mais personne (ou presque) n’en a parlé.

Si nous soulignons cela c’est aussi parce que nous pensons qu’il est très important de distinguer les effets des pesticides (qui a envie de manger des molécules nocives pour sa santé ?) des effets des engrais minéraux. Or l’agriculture biologique renonce dogmatiquement aux uns et aux autres. Cela peut servir à faire des progrès dans les connaissances sur les mécanismes biologiques. Mais au niveau mondial  nous ne pensons pas que l’avenir réside dans le « bio », contrairement à ce qui est parfois affirmé, mais dans la « production d’aliments non nocifs pour la santé », en quantités suffisantes, si possible dans tous les pays.
Il y a quelques années des chercheurs allemands,  d’un prestigieux institut, prétendaient que les parties aériennes des plantes émettaient du méthane et que cela renforçait l’effet de serre[19]!  On les a vite oubliés.

Paul Crutzen – chimiste et prix Nobel pour ses travaux sur les CFC, mais pas agronome-  avait également publié au début des années 2000, avec d’autres collègues, un article dont les grands quotidiens s’étaient empressés de reprendre les conclusions  afin de démolir les biocarburants. Or cet article a ensuite été tellement critiqué par la communauté scientifique que les auteurs ont dû en publier un second, dans la même revue scientifique,  pour reconnaître une partie seulement de leurs erreurs.  Les grands quotidiens ont évidemment superbement ignoré ce deuxième article.

On pourrait citer toute une série de prétendues connaissances scientifiques qui sont véhiculées par les uns et les autres et par divers médias, en particulier par certains  journaux  très friands  de nouvelles sensationnelles.

La déontologie voudrait que, quand il y a des expériences ou des conclusions ensuite démenties – parfois par les mêmes chercheurs, le plus souvent  par d’autres chercheurs –  ces mêmes journaux accordent la même place aux démentis. C’est malheureusement trop rarement le cas.

Alors revenons sur la question très sérieuse des OGM. Mais il faut ici souligner au préalable  qu’il y a bien d’autres applications des techniques à OGM que le développement de plantes résistantes à certains herbicides dont il est question ici. Comme toujours il peut y avoir des applications intéressantes, et d’autres à éviter, ou même à interdire. Attention donc aux amalgames !  N’oublions par ailleurs pas non plus que les  biotechnologies couvrent un large spectre de technologies, allant des plus anciennes, comme le bouturage, aux OGM, en passant par des cultures de méristèmes sans lesquelles on n’aurait pas pu produire dans le passé des pommes de terres, des fraisiers et bien d’autres plantes indemnes de virus, donc toujours aussi  productives.

Ce n’est évidemment pas le moment de baisser les bras pour cette question des OGM résistants aux herbicides. La nocivité des produits phytosanitaires, d’ailleurs même sans OGM, peut-être bien réelle. Il conviendrait donc, entre autre, d’étudier plus spécifiquement les impacts endocriniens des différentes molécules. Ceci afin de produire des aliments «non nocifs pour la santé », si possible sans baisses significatives des rendements ni augmentations trop importantes des coûts de production. Abandonner ces objectifs pourrait en effet, favoriser le recours à l’agriculture bio, pour les plus riches ! Les autres continueront-ils alors à acheter des fruits sans taches, mais sans savoir combien de pesticides ils contiennent ? Cela suppose donc non seulement des recherches quantitatives et qualitatives, mais aussi des efforts de pédagogie en direction des consommateurs et des producteurs.

Si ce maïs OGM abreuvés d’herbicides à des effets sur la santé, comme semble le laisser entendre les expériences venant d’être publiées par l’équipe de M. Seralini, il faut évidemment  l’interdire comme l’a souligné le Premier Ministre.

Mais cela ne règle pas tout. Plusieurs commentateurs ont indiqué que pour le moment il était trop tôt pour en dire plus. Sur le détail sans doute. Il faut d’abord répéter les expériences. On ne peut pas, comme semble vouloir le faire l’agence européenne EFSA, balayer d’un revers de main les questions qui se posent après de tels résultats et que se pose légitimement le public. Les tenants des sciences dures ne peuvent donc pas se désintéresser de ces questions, même s’ils ont la conviction que les inquiétudes ne sont pas justifiées. D’ailleurs dans ce cas, pourquoi ne pas faire les vérifications qui s’imposent. A défaut, on aurait de bonnes raisons de s’inquiéter.

Cela suppose aussi, pour maîtriser réellement ces questions, des politiques de recherche à long terme, préservant ou développant sérieusement les capacités de recherches qui s’imposent. Il faut certes tenir compte des contraintes budgétaires. Ce n’est cependant pas avec  des soutiens ponctuels, comme ceux que peuvent apporter l’Agence Nationale pour la Recherche ou l’Union européenne, qu’on y parviendra. Il faut que les organismes publics soient encouragés à développer de telles recherches et à créer des postes en ayant réellement les moyens de le faire. Faut-il ajouter à cela que les veilles et méta-études sur ces questions sont certes indispensables, mais ne sauraient suffire ?

De tout cela on parle trop rarement dans les journaux. Evidemment pour certains d’entre eux  il est « plus politiquement correct » de diaboliser l’augmentation des postes dans la fonction publique. Dans certains domaines, comme celui évoqué ici, la société aurait pourtant bien besoin de davantage de recherche publique et indépendante, ce qui ne doit pas empêcher la  coopération avec les entreprises privées. Ce n’est donc évidemment pas seulement, comme on a pu le lire, une question de rapport entre l’argent et la vérité. Ce serait bien trop simple !


[1] Directeur de recherche honoraire de l’INRA, Président de l’Institut Oikos,  une ONG scientifique et technique pour le développement soutenable et durable. (www.institut-oïkos.org)

[2] Comme  les chercheurs du public sont mal payés en début de carrière et soumis périodiquement à des évaluations académiques,  ceux-ci se reportent naturellement sur des thématiques plus gratifiantes pour l’avancement. Les chercheurs n’entrent évidemment pas en religion quand ils choisissent cette carrière.

[3] L’Union Internationale des Institut de Recherches forestières est maintenant une ONG scientifique et technique plus que centenaire.

[4]  Site  du Ministère de l’Agriculture www. http://agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/Analyse/  :

La réduction des usages des pesticides : le plan Ecophyto 2018  Le rôle des indicateurs d’utilisation pour évaluer l’atteinte des objectifs.  Analyses Prospectives et Evaluations  N°4 Février 2009 . 4 pages

Site de l’INRA www.inra.fr : (1) Pour une agriculture économe en pesticides INRA Alimentation et Environnement Janvier 2010 N° 17, 4 pages, avec la présentation d’Yves Lebars : « Ecophyto : une étude innovante » où l’on indique que ce travail d’ingénierie a été organisé par groupes d’experts et accompagné d’un dialogue avec les acteurs dans le cadre d’un comité d’orientation (présidé  remarquablement -c’est nous qui soulignons- par Yves  Lebars, ancien directeur de l’ANDRA et du CEMAGREF). L’étude a permis de caractériser un état initial de l’utilisation des pesticides dans l’agriculture et d’identifier des marges de progrès pour concevoir, diffuser de nouveaux systèmes de culture à la fois compétitifs et économes en intrants ».

[5] Ce qui évidemment ne dit rien sur la toxicité des diverses molécules !

[6] La surface forestière est actuellement de l’ordre 15 millions d’hectares, un peu moins si on ne compte que les forêts productives.

[7] Pour une baisse de récolte potentielle d’environ 20 millions de m3 de bois (bois de chauffage compris) et  un prix de 25 € par m3.

[8] Cf. article à paraître sur le site www.institut-oikos.org

[9] Au prix de 220 € la tonne de céréale

[10] Entre  1950 et 2000 on a multiplié la production de céréales par 4, sans augmenter les surfaces ! Avec les rendements de 1950 il aurait fallut, soit diviser la production de céréales par 4, soit  défricher toutes les forêts de France (ce qui aurait conduit à 8 années d’émissions nationales de gaz à effet de serre !).

[11] Ce qui n’empêche pas les producteurs de soja dans le Mato Grosso au Brésil de qualifier le soja OGM de cultures  « durables » (sustentavel)

[12] Le recours aux OGM n’est pas toujours nécessaire, mais peut parfois permettre de faire progrès plus rapidement que par les voies classiques.

[13] De plus la communauté  internationale n’aurait, me semble t-il, jamais dû accepter le brevetage du vivant, ni l’appropriation du vivant par des compagnies privées. Il faut bien sûr préserver les intérêts des entités qui font de la recherche –sinon celle-ci s’arrête – et celle des entreprises qui prennent le risque de fabrication. C’est à cette fin que les Vénitien ont inventé dès le 15ème siècle le brevet qui couvrait à la fois l’invention et l’innovation dans l’intérêt de la République de Venise, ainsi que  le copyright afin de protéger les investissements réalisés par les imprimeurs qui assemblaient des lettres en  plomb pour éditer  des ouvrages écrits dans l’Antiquité, et pour lesquels il n’y avait évidemment pas de droits d’auteurs.

[14] Un sélectionneur des plantes russe (1855 – 1935), membre des Académies soviétiques des sciences et de l’agriculture.

[15] Lysenko. Histoire réelle d’une science prolétarienne, Librairie François Maspero, 1976

[16] Ce que la présidente de l’INRA a vivement dénoncé en son temps dans le journal «Les Echos ».

[17] En 1995 un professeur d’une université allemande nous avait signalé, lors de travaux sur l’énergie, que compte tenu de l’opinion générale en Allemagne sur le nucléaire on ne trouvait plus de bons étudiants pour s’intéresser à cette filière. A terme cela pourrait même, expliquait-il,  devenir dangereux  pour le nucléaire en Allemagne !

[18] Le CRIIGEN, qui a soutenu ces recherches, se définit sur son site internet, « comme  un groupe unique et international d’experts ayant une approche transdisciplinaire sur les bénéfices et les risques du génie génétique, et sur les alternatives. Il est indépendant des compagnies de biotechnologies et promeut les contre-expertises ». Sauf erreur, ce n’est donc pas, comme annoncé dans la presse, « une association qui milite contre les biotechnologies ». On imagine en effet mal de pouvoir abandonner les recherches sur le génie génétique et les biotechnologies ! Mais cela fait sans doute plaisir à certains lecteurs…

[19] D’ailleurs en regardant les concentrations de méthane mesurées  au-dessus de l’Amazonie  on pouvait bien voir qu’il y en avait très peu, sauf dans les zones où l’on produit également du riz inondé,  dont on sait bien qu’elles  dégagent du méthane à cause des fermentations se produisant dans les sols  naturellement insuffisamment aérés!

 

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Call for a network

Food Security and Climate Change in Sub Saharan Africa

Call for an International Network of agronomists, economists, decision makers and  NGO’s dealing with sustainable development, to achieve up to 2050 food security in Sub Saharan Africa and at the same time contribute to climate change mitigation launched by Arthur Riedacker Research Director at INRA (National Agronomical Research Institute) former negotiator for climate , and Peace co Nobel prize for its contributions to IPCC since 1990, Jean Marc Boussard Research Director at INRA (National Agronomical Research Institute) and Joseph Racapé, Former member of the Interministerial Mission for the Greenhouse Effect, in charge of agriculture.

The Situation

Between now and 2050 population in Sub-Saharan Africa will double, and in some countries it could even triple. It is therefore necessary to increase food production. Countries which cannot achieve that will have to import more food, provided they can afford it…

Two options are possible to achieve that necessary increase in food production:

  • either increasing land under cultivation, which requires clearing of additional grassland and forestland1, which would increase greenhouse gas emissions (GHG),  soil erosion risks and affect biodiversity;
  • or increasing land use efficiency, the solar energy bioconversion, to increase food production on already cultivated land, through reduction of fallow land and by increasing yields (through various improved practices such as agroforestry, changing species and plant combinations, increasing organic and mineral inputs etc.).

Meanwhile climate change may decrease yields up to 30%. This threat is another reason to increase already to day “land use efficiency”  in Sub–Saharan African, as this may at the same time reduce vulnerability of vulnerable countries but which are less contributing to GHG emissions per capita than industrialized countries.

The Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC), on the basis of published and reviewed scientific literature, considers that to stabilize the climate in 2050 and to avoid any dangerous climate evolution,  world GHG emissions are to be divided by 2 in 2050, and those of industrialized countries are therefore to be divided at least  by 4. G8 leaders adopted that target in Hokkaido, in July 2008.

In the European Union the price of emission reductions ranges today between 15 € and 20 € per ton of CO2equivalent.  But this price may go up to 60 € during the coming years, as reaching this target is a great challenge. To stabilize the climate, capture and geological storage of CO2 emitted by thermal plants using fossil fuel will also become necessary. But this costs today still about 100 € for each ton of CO2 removed and stored. And that cost is not expected to come down to 60 € before 2020!

In comparison with a price of only 15 € per ton of avoided CO2 emission, as today, the payment for avoiding the conversion of an average hectare (with 50% grassland and 50% forestland) into cropland would avoid the emissions of about 200 t of CO2  and therefore deserve a payment of about 3000 € per hectare (without any interest). This would allow, during the next 50 years, an annual payment of about 60 € per ha per “average” avoided land use change. Various actions to increase land use efficiency would therefore become possible: increasing inputs (in particular of phosphorus and organic matter, and also of nitrogen and potassium); planting trees and hedges to recycle some soil minerals, to provide more organic matter and to fix atmospheric nitrogen with leguminous species; establishing small damns; sometimes also water pumping; reducing losses in cereal and other crop storage, etc. The resulting increase in food availability would provide a valuable net benefit.

To day yields of food crops in Sub-Saharan Africa are very low, in particular due to too little organic and mineral inputs :  only about 10 kg of fertilizer per hectare and per year, 20 times less than in industrialized countries and 10 times less than the world average input on cropland per ha!  Many food and environmental problems could be solved with an average input of 100 kg/ha. But just by raising these inputs up to 50 kg/ha (a quarter of the average input in industrialized countries) in 2015, as proposed in 2006 by the New Partnership for African Development (NEPAD), agricultural productions could already be significantly increased. Thus during the post 2012 Kyoto commitment period, between 2012 and 2020, degradation of mineral soil fertility and desertification could be curbed.

The Proposal

On the basis of this assessment, specialists, decision makers and NGOs dealing with agricultural projects are invited to join us. We are planning to show clearly to the international community that increasing land use efficiency of already cultivated land in Sub-Saharan Africa is not only possible, but also desirable: It could help both to increase food security and to combat climate change. This would help not only to increase ‘Food security’ but also to achieve the first objective of the “United Nations’ Millennium Goal” which is presently to reduce at least by 600 million the number of people not getting enough food every day. The international community should therefore make this objective become a priority in the negotiations, in particular in Copenhagen at the end of 2009, and up to Mexico at the end of 2010.

The work program of specialists willing to participate in this action has therefore five complementary tasks:

  1. Showing through precisely documented examples that land use and conversion efficiencies can be increased significantly through various ways in Sub–Saharan Africa without reaching the average level of inputs in agriculture of industrialized countries or of some Asian regions. This task requires contributions in particular of agronomists, of soil scientist,, of livestock specialists as well as of grass root actors.
  2. Based on these examples, quantifying avoided GHG emissions, for a given increase of food production, in either with unchanged practices or with just business as usual changes. This task requires contributions of specialists, familiar with IPCC guidelines for GHG emissions assessments and able to compare scenarios not just with classical Life Cycle Analyses (LCA), but with “Spatial and Live Cycle Analysis (SLCA).
  3. Actions emitting less GHG emissions than with business due to more energy efficient technologies or the use of renewable are already rewarded under the Clean Development Mechanism. Like for energy we are to now reward agricultural developments with better territorial efficiencies to need less land use change.   What are the best ways to use financial, e.g. GHG credits, which may be made available by industrialized countries: direct subsidies for inputs and/or other actions?  This task requires contributions of specialists of Kyoto mechanisms and agricultural policies.
  4. Determining the effects of increasing food production on the balance of trade of developing countries in Sub–Saharan Africa, and the possible long term effect on their national budgets,  and possible changes that this might need in agricultural policies in these countries as well as in industrialized countries. This task requires economists, agricultural economists and macroeconomists.
  5. Informing decision makers and climate change negotiators in the United Nations of this two pronged objective: increasing food security in Sub–Saharan Africa and curbing GHG emission in these countries to contribute to the stabilization of the world climate by 2050. And offering several modalities of actions that could fit into the new international agreements for the 2012-2020 period, the second commitment period under the Kyoto or Copenhagen Protocol. This action will be promoted until the final modalities of actions are agreed for after 2012. This latter task needs the support of decision makers, of negotiators and of various actors truly convinced by the importance of this action and by the need to support it.

Documents supporting this approach should be ready before the end of April 2010 and then discussed publicly in various fora and conferences.
September 2009

To contribute to these work groups, to support this initiative or to contribute financially contact
conferencecotonou.2011@institut-oikos.org

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Contacts

Oikos Sacass

Membres fondateurs// Funder Members

Arthur Riedacker a.riedacker(.)institut-oikos.org
Jean Marc Boussard jm.boussard(.)institut-oikos.org
Joseph Racapé j.racape(.)institut-oikos.org
Stefano Migliore s.migliore(.)institut-oikos.org


Veuillez remplacer (.) par le symbole @ dans les adresses ci-dessus
Please, change (.) with @ in these adresses

Institut Oikos, siège social et administration

(scientific subjects, communication,cotisations, reçus fiscaux, comptabilité, funds, fiscal receipts, accouting etc …)

47, rue Polonceau
75018 Paris, France

 

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Cotonou Conférence 2011

Conférence atelier au Bénin  sur la sécurité alimentaire

Comment augmenter les productions  alimentaires tout en luttant contre le changement climatique ?

The conference which was to take place Cotonou in June, 20 to 24, is postponed to allow a better preparation. Please continue to submit contributions relevant to the objectives of this conference

***

La conférence prévue du 20 au 24 Juin  à Cotonou est reportée pour permettre une meilleure préparation. Merci de continuer à nous soumettre des contributions conformément aux objectifs de cette conférence

Due to both insufficient scientific and technical input relevant to the objectives of the conference as well as to insufficient funding, the co-chair of the conference have decided to postpone this event. This information will be put on the web (www. oikos-foodsecurity.org).   More information for the scientific and technical committee will follow.

Arthur Riedacker and Firmin Adjahossou

 

5th March

Dear colleagues,
Our objective is to organize a useful conference for Sub- Saharan Africa: to provide useful inputs to alleviate the food crisis, today and in the future, to mitigate and adapt to climate change and also for international negotiations, including under the Convention on Climate Change. Unfortunately, up to now, we got to little scientific and technical proposals, relevant to the objective of the conference. This would have been sufficient to postpone it. But we were also not able to rise enough funding.  Let us below consider these two aspects.
Scientific and technical participation:
1.    Improvement of land use efficiency (W.G. 1 & 2) and conversion efficiencies of agricultural products (W.G. 4 & 5) and use this kind of actions (having a positive effect for climate change mitigation) to get some earmarked funding for farmers, (for instance under the Climate Change Convention).
The objective is to produce more food without too much land use change (deforestation and grassland conversion), and without soil degradation. Basically the approach for Sub-Saharan Africa and some least developed countries is to be very different from other countries with already strong agricultural policies and good inputs. In Sub-Saharan Africa we actually do need to increase mineral and organic inputs. But to get money for that we must first be able to quantify the positive effect, not only on the increase of food production, on the amount of avoided greenhouse gas emissions. We need therefore to determine how to implement this, and find ways to make this recognized as a positive contribution to climate change mitigation. We do need also to find ways to make such actions beneficial for African farmers and countries. We do need also to make understood why this is an attractive option for Africa. More experts (scientists, teachers and technicians), in particular in Africa, are therefore to be able to demonstrate that, in order to convey adequate messages to decision makers and  negotiators, and also to experts from other sectors, more familiar for instance with fossil energy issues than with agriculture.
Up to now we definitely underestimated this task. We need to recognize that. More training and more experimental and demonstrative operations (at field, farm, village, and regional level) prior to organizing such a conference is apparently necessary to get valuable contributions. But our group does not have the capacity to do that. We will probably have to rely on existing organizations. We shall discuss such issues for instances next week, in Adis Abeba, with the Head of the African Climate Policy Center, a division of the Food Security and Sustainable Development Division of the United Economic Commission for Africa.
Your comments and suggestions on this issue are welcome.
2.    The network of experimental gardens (W.G. 3): For this task we got already interesting proposals from Brazil, France. Others for instance from India are to come. The issue at this stage is to see how we can exchange “know how” and plant material for experimental gardens, as well as for home gardens. This task already started and needs to be further supported by more concrete involvements of farmers with scientific interest, or by scientists really interested in finding applicable solutions for farmers and to cope with food insecurity under a changing climate. It is a long term objective and there is therefore no reason to do this in a hurry. Your comments, contributions  on this issue are also welcome
Funding
Without enough funding we can expect to mobilize neither African nor International experts. Finding funds was already difficult due to the financial crisis. We got many negative, or no, response from institutional donors. Moreover, with the recent changes in particular in the Mediterranean area, the situation became even more complicated. And as we are not experts in fund raising we do need to find another solution. Suggestions and comments on this issue are welcome.
Do feel free to make any suggestions and comments and please do indicate also whether or not, and how,  you  may want to continue to support this initiative.
Yours sincerely
The co-chair of the conference, Arthur Riedacker and Firmin Adjahossou

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